Une excursion rock’n’roll en Harley-Davidson Street Glide

Sur les traces tragiques de « The Day the Music Died »

Récit de Dustin A. Woods

À l’école primaire, pendant que les autres enfants écoutaient Baby Beluga ou Wheels on the Bus, je plongeais déjà dans la collection de disques classiques de mes parents. Assis sur le plancher du sous-sol, je fouillais dans les boîtes de vinyles poussiéreuses et retraçais les origines du rock’n’roll, un disque grésillant à la fois. Chaque fois que je déposais l’aiguille, un nouveau monde s’ouvrait. J’examinais les pochettes, à la recherche d’indices à propos de ceux qui avaient créé cette musique. Ma plus grande découverte : un garçon frêle portant des lunettes, originaire de Lubbock au Texas, qui s’appelait Charles Hardin Holley, mieux connu sous le nom de Buddy Holly.

Je me suis plongé de manière obsessionnelle dans sa carrière aussi brève que marquante. À ce moment-là, je connaissais déjà un peu le gospel, le rock, le blues, le country et le western, mais Holly avait tout fusionné pour créer un son que je n’avais jamais entendu. Encore aujourd’hui, je me demande comment un jeune de la classe moyenne du Texas a pu canaliser une musique aussi transcendante avec sa Fender Stratocaster.

Mon enthousiasme s’est effondré quand j’ai appris sa mort, à 22 ans, en même temps que Ritchie Valens et J.P. Richardson, le Big Bopper. La plupart des gens ont entendu parler de la tragédie dans La Bamba ou en écoutant American Pie de Don McLean, qui immortalise « The Day the Music Died ». Mais Buddy et moi avions plus que la musique (et les lunettes) en commun. Il aimait les motos lui aussi. On raconte qu’il en avait acheté trois à Dallas pour lui et deux membres de son groupe, avant de les ramener à la maison en plein orage.

Avec une Harley-Davidson® Street Glide® 2025 à mettre à l’essai, j’ai consacré mon été à retracer la vie de Buddy, là où il avait vécu, joué… et là où il est mort. Au fil des ans, j’avais lu tous les livres, écouté tous les albums, vu tous les documentaires le concernant. Je m’étais même rendu à Lubbock : sa maison d’enfance, son école secondaire, un petit musée et le centre des arts de la scène qui porte son nom. Le périple m’a mené jusqu’à son lieu de repos final, une pierre tombale modeste dans un cimetière presque oublié, sur le bord d’une ville en déclin. Plus j’en apprenais, plus son histoire me brisait le cœur. Tout juste marié et futur père, Holly traversait des conflits de groupe et des complications financières. Il s’était joint à la tournée Winter Dance Party par nécessité. Il est mort dans un écrasement d’avion qui n’aurait jamais dû avoir lieu.

En roulant sur le moteur Milwaukee-Eight® 117 pouces cubes de la Street Glide, j’imaginais les conditions impossibles de la tournée de 1959 : les vieux autobus, le froid glacial, les pannes, les engelures et la grippe. Pour rejoindre la ville suivante, Holly avait choisi de louer un petit avion; une décision pragmatique qui s’est transformée en tragédie.

Au Rock’n’Roll Hall of Fame, à Cleveland, j’ai été frappé par la place minuscule accordée à sa carrière. Une simple plaque et une copie de son premier album avec The Crickets : c’était tout. Pourtant, son influence a façonné Eric Clapton, The Beatles (nommés en hommage aux Crickets), Jimi Hendrix, Elton John et les Rolling Stones. Sans lui, la musique aujourd’hui serait bien différente.

En quittant l’Ohio, j’ai roulé en direction de l’Illinois, puis de l’Iowa, en fredonnant sur des routes bordées de champs et de fleurs sauvages. Le carénage Batwing aérodynamique et le V-twin de 105 ch ont rendu le voyage très agréable. Son design plus épuré et plus aérodynamique est le résultat d’un travail mené avec la dynamique des fluides computationnelle (CFD) pour réduire les turbulences et permettre à la Street Glide de mieux fendre l’air. L’écran tactile TFT de 12,3 pouces (312 mm), relié à Apple CarPlay grâce au port USB-C du compartiment pour téléphone sur le tableau de bord, offre la navigation détaillée et m’a permis d’écouter mes listes de lecture préférées sur les haut-parleurs de 200 watts.

L’odeur enivrante de la pluie d’été flottait dans l’air à l’approche de Clear Lake, où les musiciens avaient donné leur dernier spectacle. Les nuages se sont ouverts, laissant passer une lumière douce qui illuminait ma destination au moment où le soleil se couchait. On aurait dit un accueil venu d’en haut.

J’ai suivi les panneaux portant les noms de Buddy, Ritchie et J.P. jusqu’au légendaire Surf Ballroom. Mettre les pieds à l’intérieur donnait l’impression de remonter le temps. Si le rock’n’roll a quelque chose d’une religion, le Surf en est un lieu sacré. Des plaques, photos et artéfacts racontaient leurs carrières trop courtes et les détails de leur ultime prestation.

J’ai passé des heures à tout examiner. Me tenir sur la scène où Holly avait joué sa dernière chanson était irréel. Je suis entré dans la loge où le célèbre pile ou face avait déterminé la dernière place dans l’avion. Voir la cabine téléphonique où Holly avait effectué son dernier appel à sa femme Elena, ainsi que la caméra d’Elwin Musser qui avait capté la scène de l’écrasement donnait soudain vie aux histoires que j’avais lues.

Le Surf Ballroom a transformé la tragédie de Clear Lake en hommage durable à ces artistes. La Three Stars Plaza est une installation artistique interactive où les visiteurs peuvent écouter leur musique. Le nouvel espace Not Fade Away plonge les gens dans les souvenirs de cette nuit de février.

J’ai ensuite repris la route vers l’aéroport de Mason City, d’où le vol maudit avait décollé. Là, Jerry Dwyer avait observé l’avion disparaître à l’horizon. Quelques kilomètres plus loin, les célèbres lunettes de Buddy en format géant indiquent un sentier. À 800 mètres de la route, un mémorial marque l’endroit où l’appareil s’est écrasé, par cette nuit glaciale et enneigée. Un autre monument rend hommage au pilote, Roger Petersen.

En silence, j’ai regardé des gens de tous âges venir se recueillir. C’était réconfortant : la preuve que la musique de Holly, Valens et Richardson continue de toucher le monde.

En revenant vers la route, une lourde tristesse m’a envahi pour ces jeunes hommes et leurs familles. Je me suis demandé ce qu’ils auraient pu accomplir si leur histoire n’avait pas été interrompue si tôt. Cette expérience m’a fait apprécier encore davantage leur musique, ainsi que ceux qui contribuent à préserver leur héritage.

Sur le long chemin du retour, j’ai mis mon album préféré de Buddy Holly et monté le volume. Ces sons familiers m’ont ramené à mon enfance. Avec l’air frais qui remplissait mes poumons et le soleil chaud sur mon visage, j’ai souri sans même m’en rendre compte.

On dit que chaque personne meurt trois fois : la première quand son cœur s’arrête, la deuxième lors de ses funérailles, et la troisième lorsque son nom est prononcé pour la dernière fois. Grâce à sa musique, Buddy Holly ne mourra jamais.

Merci, Buddy.


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